Acteurs Locaux  Madagascar - Les Boudubouts au Coeur de Tana


Acteurs Locaux Madagascar - Les Boudubouts au Coeur de Tana

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Accueil Didier CUJIVES
 
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Article N°29437

Acteurs Locaux Madagascar - Les Boudubouts au Coeur de Tana

Ce matin, nous prenons le temps de nous perdre dans le centre-ville populaire d’Antananarivo.

Ici, la circulation semble obéir à ses propres règles. Les rues débordent de vie, les trottoirs sont envahis de petits commerces, chacun trouve sa place dans un désordre qui n’en est finalement pas un.
 

Et puis il y a les taxis.

Ils sont partout. Ou presque.

D’innombrables Renault 4L continuent d’assurer le transport des habitants. Certaines portent les marques du temps, d’autres semblent tenir debout par miracle, mais elles roulent encore, inlassablement.

Impossible pour Hélène et moi de ne pas sourire.



Ces 4L nous ramènent instantanément à nos années étudiantes. Comme beaucoup de notre génération, nous avons nous aussi sillonné les routes au volant de cette voiture devenue emblématique. Qui aurait imaginé qu’elle poursuivrait sa carrière, plusieurs décennies plus tard, dans les rues de la capitale malgache ?

Au fil de notre promenade, nous découvrons une autre particularité de Tana.

Les bouquinistes exposent des centaines d’ouvrages d’occasion, dont une grande partie en français. Quelques mètres plus loin, ce sont les célèbres fabricants de tampons et de cachets qui prennent le relais. Installés directement sur les trottoirs, ils gravent en quelques minutes les cachets des entreprises, des administrations ou des commerçants. Une activité étonnante, devenue au fil du temps l’une des signatures du centre-ville.
 



En levant les yeux, une autre histoire apparaît.

Les façades racontent une capitale qui a connu des jours plus prospères. D’anciens cinémas, de belles devantures commerciales et quelques immeubles élégants témoignent d’une époque où Tana devait être une ville particulièrement attractive. Aujourd’hui, beaucoup de bâtiments portent les stigmates des années. Les façades s’écaillent, les enseignes disparaissent, les immeubles semblent fatigués, comme usés par le temps.
 



Mais Tana sait aussi réserver de belles surprises.

Philippe nous conduit dans un musée consacré à l’art contemporain africain. Derrière une porte presque discrète, nous découvrons des œuvres puissantes, originales, parfois déroutantes, mais toujours d’une grande qualité. Cette parenthèse culturelle tranche avec l’agitation des rues et nous rappelle que la ville ne se résume pas à ses façades décaties. Elle abrite aussi des lieux où la création africaine contemporaine s’exprime avec force et liberté.
 




Lorsque nous ressortons du musée, la journée a déjà commencé à basculer.

À Tana, le soleil tombe vite. Dès 17 heures, la lumière décline derrière les collines et transforme progressivement la ville. Les façades fatiguées, les vieux taxis et les rues encombrées prennent soudain des teintes rouges et orangées. Pendant quelques instants, tout paraît plus doux.
 


C’est aussi l’heure où les marchands ambulants de nourriture apparaissent.

Les petits étals s’installent sur les trottoirs, les marmites commencent à fumer, les brochettes grillent et les odeurs se mêlent à l’agitation de la rue. Ici, on mange tôt et souvent dehors, debout ou assis sur un tabouret, au milieu du passage.
 


Peu à peu, le centre-ville change de visage.

La lumière s’efface, les fumées montent et la rue devient une immense cuisine à ciel ouvert.

À Tana, il suffit parfois de quelques heures de marche pour passer des souvenirs de nos années étudiantes à l’art contemporain, puis de la ville fatiguée à cette lumière presque magique qui accompagne la tombée du jour.
 

Didier CUJIVES

Lien :https://didier-cujives.smartrezo.com/journal.html

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