Nous changeons de décor dans le Drakensberg et prenons la direction de Champagne Castle Valley. Très vite, un paysage d’une douceur inattendue s’offre à nous.
Tout est vert. Un vert profond, presque irréel.
De vastes prairies ondulent sous le vent, découpées par des rivières claires qui serpentent doucement dans la vallée. Au loin, les sommets du Drakensberg se dessinent dans la brume, puissants et mystérieux, parfois engloutis par les nuages bas. La lumière joue avec les reliefs, tantôt douce, tantôt dramatique. Le ciel est chargé, le temps incertain… mais l’atmosphère est magnifique.
Nous ne résistons pas à l’envie d’emprunter un petit chemin qui s’échappe dans cette immensité. Une fois encore, nous sommes seuls.
Seuls face à cette nature immense, sauvage, silencieuse. Le bruit de l’eau, le vent dans l’herbe, et cette sensation si particulière d’être au bout du monde.
La randonnée sera courte pourtant… Car nous avons rendez-vous avec un spectacle tout à fait particulier : le Drakensberg Boys Choir.
Une chorale de jeunes garçons, noirs et blancs mêlés, à l’image de la nation arc-en-ciel. Très vite, la magie opère.
Les voix s’élèvent, puissantes, émouvantes. Les rythmes africains envahissent la salle. Et la surprise est totale : les jeunes noirs chantent en afrikaans, tandis que les jeunes blancs interprètent des chants en zoulou.
Un moment fort, symbolique, presque émouvant.
Pourtant, une réalité plus nuancée s’impose à nous. Dans la salle, le public est exclusivement blanc. Le mélange racial, si visible sur scène, ne l’est pas dans la salle… Une image qui rappelle que l’histoire récente du pays continue encore de laisser son empreinte.
La soirée se termine dans la douceur. Nous rejoignons notre bivouac avant la nuit.
Le temps de quelques rangements dans Ulysse, de savourer le calme retrouvé, et de repenser à cette journée contrastée, entre nature grandiose et émotions humaines.
Le Drakensberg continue de nous surprendre… et nous n’avons pas fini d’en découvrir les visages.
Le 26 mars nous prenons la route à destination d’une randonnée mythique du Drakensberg : Tugela Falls. Une de ces aventures qui impressionnent autant qu’elles se méritent. La journée sera longue. Il nous faudra parcourir de nombreux kilomètres avant d’atteindre notre point de bivouac, perché tout en haut du massif. L’objectif est clair : partir dès le lever du jour pour cette randonnée exceptionnelle.
Didier CUJIVES