Acteurs Locaux TANZANIE - Les Boudubouts nous font découvrir une production de chocolat noir


Acteurs Locaux TANZANIE - Les Boudubouts nous font découvrir une production de chocolat noir

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| Didier CUJIVES | AFRIQUE | TANZANIE  Vu 34077 fois
Article N°29466

Acteurs Locaux TANZANIE - Les Boudubouts nous font découvrir une production de chocolat noir

Ce matin, nous partons de bonne heure pour rejoindre le sommet de la caldeira de Ngozi. Cela faisait plusieurs jours que nous ne nous étions pas dégourdi les jambes sur un sommet et nous étions heureux de retrouver enfin un sentier.
 

Dès les premiers pas, la végétation nous engloutit. Des bananiers sauvages géants enserrent le chemin, les fougères débordent de toutes parts et d’immenses arbres ferment le ciel au-dessus de nous. Nous progressons dans une véritable forêt tropicale, seuls avec le bruit de nos pas et les chants des oiseaux. Par moments, nous avons presque l’impression d’être entrés dans Jurassic Park.
 


Nous avançons doucement, attentifs au moindre mouvement dans les branches, car nous savons que des singes vivent ici.
Soudain, j’aperçois une silhouette noire et blanche avec un long pelage : un colobe. Il disparaît presque aussitôt et Hélène n’a pas le temps de le voir.
Une heure plus tard, des branches s’agitent au-dessus de nous. Cette fois, nous les apercevons tous les deux : quatre ou cinq colobes, vraisemblablement une famille, passent d’arbre en arbre avec leur magnifique pelage noir et blanc et leur longue queue. La scène ne dure que quelques instants, beaucoup trop vite pour une photo, mais suffisamment pour nous émerveiller.
 


Nous poursuivons jusqu’au sommet de la caldeira, à 2 622 mètres. Devant nous, le lac Ngozi repose au fond de l’immense cratère, entouré d’une végétation dense. La forêt bruisse toujours et les oiseaux ne cessent de chanter.

 


En redescendant, une dernière surprise nous attend : un calao trompette. Avec son gros bec surmonté d’un casque et sa silhouette étonnante, il semble tout droit sorti d’un autre âge. Décidément, notre impression de Jurassic Park n’était pas si mauvaise.
 



Nous reprenons ensuite la route vers Mbeya avec un tout autre programme : poursuivre notre découverte du cacao.
À Madagascar, dans les plantations d’Ambanja, nous avions découvert les cabosses, la récolte des fèves, leur fermentation et leur séchage. Nous avions quitté le cacao au moment où il partait vers d’autres horizons. Ici, en Tanzanie, nous retrouvons presque naturellement la suite de son histoire.

Dans une petite fabrique, nous regardons les fèves être torréfiées, débarrassées de leur coque puis broyées jusqu’à devenir cette matière lisse et sombre qui prendra bientôt la forme d’une tablette.
 
 
Il y a quelque chose d’assez émouvant à retrouver ici ce que nous avions commencé à comprendre quelques semaines plus tôt à Madagascar. Deux pays, deux rencontres, deux étapes d’un même produit que nous pensions pourtant connaître depuis toujours.
Hélène, qui n’a jamais été une grande amatrice de chocolat, se laisse surtout gagner par la curiosité de sa fabrication. Moi qui, au contraire, l’ai toujours beaucoup aimé, je réalise que je n’en connaissais finalement que la dernière étape : le plaisir de le manger.
Désormais, derrière un carré de chocolat, il y aura aussi pour nous des arbres, des cabosses, des gestes, des hommes et des femmes rencontrés en chemin. Et sans doute est-ce cela que le voyage change le plus souvent : notre manière de regarder les choses que nous croyions déjà connaître.


 

Les Boudubouts

Lien :https://didier-cujives.smartrezo.com/journal.html

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