Nous nous levons avant l’aube. Là-haut, sur les hauts plateaux du Lesotho, à plus de 3000 mètres d’altitude, nous attendons le lever du soleil.
Le froid est vif. Le silence total. Puis la lumière apparaît doucement, révélant un paysage immense, austère et magnifique. Un monde suspendu entre ciel et terre.
Ce qui nous surprend immédiatement, c’est l’excellente qualité de la route. Dans ce pays pourtant marqué par le dénuement, l’asphalte est parfait, presque inattendu. Un contraste saisissant.
Très vite, nous croisons les premiers bergers. Emmitouflés dans leurs célèbres couvertures de laine, silhouettes immobiles dans l’air glacé, ils gardent leurs troupeaux sur ces vastes plateaux balayés par le vent. Des images fortes, profondément africaines.
Il est déjà temps de repartir. Nous quittons le Lesotho avec une certitude : nous reviendrons. Ce pays, entre ciel et montagne, a éveillé notre curiosité en quelques heures à peine.
Nous devons maintenant redescendre par le Sani Pass. Cette fois, c’est Hélène qui prend le volant.
Et la descente s’annonce plus impressionnante encore que la montée. Les pentes semblent plus abruptes, les virages plus vertigineux. Si la montée exigeait la puissance, la descente réclame précision et finesse. Il faut retenir les quatre tonnes d’Ulysse, empêcher le véhicule de s’emballer.
L’électronique embarquée nous aide précieusement. Hélène est extrêmement concentrée. Chaque virage demande attention et maîtrise.
Pour l’aider, je décide de descendre pour reconnaître la piste. Mais à peine ai-je posé le pied sur la pente que mes chaussures glissent. Je pars dans un spectaculaire vol plané. La piste est très pentue. La chute aurait pu être bien plus grave.
Je me relève rapidement. La douleur est là, mais je me persuade que cela va passer. Je remonte dans Ulysse. Hélène poursuit la descente avec sang-froid.
Une fois cette route de l’impossible derrière nous, nous prenons la direction de Mthatha. Nous entrons dans la nation Xhosa, le peuple de Nelson Mandela. C’est ici qu’il est né, qu’il a grandi, qu’il a forgé les premières bases de son destin.
La visite du musée est profondément émouvante. Encore une fois, la figure de Mandela nous impressionne par sa force, sa sagesse et son courage.
Mais plusieurs heures après la chute, la douleur s’intensifie. Cette fois, l’inquiétude s’installe. La journée, commencée dans la beauté des montagnes du Lesotho, se termine dans l’incertitude.
Didier CUJIVES