Acteurs Locaux de Antsiranana - avec les Boudubouts nous allons chercher la Cascade des Bons Pères dans le Nord de Madagascar


Acteurs Locaux de Antsiranana - avec les Boudubouts nous allons chercher la Cascade des Bons Pères dans le Nord de Madagascar

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Accueil Didier CUJIVES
 
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Article N°29451

Acteurs Locaux de Antsiranana - avec les Boudubouts nous allons chercher la Cascade des Bons Pères dans le Nord de Madagascar

Ce matin, c’est Bruno qui nous souffle l’idée.
Depuis la plantation Millot, il nous conseille de partir à la découverte d’un endroit au nom presque mystérieux : la cascade des Bons Pères.
 

Nous traversons d’abord Ambanja, au milieu de ses innombrables cyclo-pousses qui donnent à la ville une bonne partie de son animation. Puis très vite, le goudron disparaît.
 
Une piste de terre rouge nous entraîne dans la campagne jusqu’à un imposant pont métallique que tout le monde ici appelle simplement le pont Eiffel.
C’est là que les choses deviennent plus amusantes.
Pour continuer, il faut trouver une pirogue.
 
 

 
Pas vraiment d’embarcadère organisé : quelques discussions, un peu de débrouille et nous voilà finalement installés dans une longue pirogue à balancier, prêts à descendre la Ramena.
À l’arrière, notre piroguier se tient debout. Pour avancer, pas de moteur : il plante dans l’eau une longue perche de bois, prend appui sur le fond de la rivière et pousse la pirogue d’un geste lent et régulier.
Nous avons adoré ce moment.
La rivière est large, tranquille, et nous glissons doucement sur l’eau. De chaque côté, la végétation tropicale accompagne notre progression et, même si l’espace reste ouvert autour de nous, nous avons peu à peu l’impression de nous enfoncer dans la jungle.
Il y a quelque chose d’apaisant à avancer ainsi, presque au niveau de l’eau, en laissant simplement le paysage défiler.
Puis notre pirogue rejoint la rive.

 

Cette fois, il faut marcher.
Un ruisseau descend de la forêt pour venir se jeter dans la Ramena. Nous allons le remonter.

 


 
Très vite apparaissent de grandes vasques naturelles remplies d’eau. Puis un premier ressaut, une petite cascade, une nouvelle vasque… et encore une autre cascade un peu plus haut.
La cascade des Bons Pères n’est finalement pas une seule chute spectaculaire.
C’est tout un chemin d’eau.
Une succession de bassins et de petites cascades qui remontent au milieu des rochers, avec la forêt tout autour.
Et surtout, personne.
Le bruit de l’eau, quelques oiseaux, le vert de la forêt et cette tranquillité qui finit par vous faire oublier tout le reste.

 

Nous remontons encore, curieux de découvrir ce qui nous attend derrière le prochain ressaut, avant de faire demi-tour et de redescendre exactement par où nous sommes arrivés.
Nous retrouvons notre pirogue et la Ramena.
Cette fois, la rivière est un peu plus animée.
La journée de travail touche à sa fin et nous croisons des hommes et des femmes qui rentrent des champs. Des pirogues passent, certaines équipées de petits moteurs, chargées de quelques passagers.
Nous qui venons chercher ici le plaisir d’une promenade, nous découvrons simplement leur quotidien.
Sur la Ramena, les pirogues sont les autobus.
 
 

De retour sur la terre ferme, notre journée n’est pourtant pas terminée.
Philippe nous a parlé d’un petit port qu’il faut absolument aller voir.
Nous poursuivons donc jusqu’à découvrir quelques maisons posées au bord de l’eau et un minuscule embarcadère.
Un port du bout du monde.
Il ne s’y passe finalement pas grand-chose, et c’est peut-être justement pour cela que nous l’aimons immédiatement.
Quelques boutres sont là, avec leurs coques de bois et leurs voiles, presque hors du temps.
Autrefois, à l’époque de Lucien Millot, les productions de la plantation empruntaient cette voie pour quitter la région.
Alors forcément, devant ces boutres, notre imagination travaille un peu.
Il flotte dans ce petit port malgache un parfum d’aventure et de voyage qui nous rappelle les récits d’Henry de Monfreid. On imagine facilement ces mêmes silhouettes de bateaux disparaissant autrefois vers le large avec leurs cargaisons.
Nous restons quelque temps à regarder cette vie tranquille avant de reprendre la route de la plantation.


 
Le soir tombe lorsque nous retrouvons Millot.
Sous les arcades de la grande maison, Philippe et Bruno nous attendent autour de la table.
La cuisine malgache est généreuse, les plats circulent, les conversations aussi. Nous racontons la rivière, les Bons Pères, ce drôle de petit port que Philippe tenait absolument à nous faire découvrir.
Dehors, la plantation s’est tue.
Quelques heures plus tôt, cinq cents personnes travaillaient ici. Maintenant, il ne reste que les bruits de la nuit et cette grande maison ouverte sur l’obscurité.
Nous prenons notre temps.
Demain, il faudra repartir.
Mais ce soir, nous sommes encore chez Millot.
 





 

Les Boudubouts

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