Acteurs Locaux de Sambava - Les Boudubouts nous font découvrir la production de Vanille de Trimeta dans le Nord de Madagascar


Acteurs Locaux de Sambava - Les Boudubouts nous font découvrir la production de Vanille de Trimeta dans le Nord de Madagascar

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Accueil Didier CUJIVES
 
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Article N°29443

Acteurs Locaux de Sambava - Les Boudubouts nous font découvrir la production de Vanille de Trimeta dans le Nord de Madagascar

À force de traverser des plantations de vanille, d’en respirer l’odeur dans les villages et de voir ces longues gousses brunes sécher devant les maisons, il fallait bien qu’un jour nous comprenions vraiment comment tout cela fonctionnait.

Et puisque nous sommes à Sambava, souvent présentée comme la capitale mondiale de la vanille, difficile de trouver meilleur endroit.
 

Hasnein nous propose de suivre toute la filière, depuis la plantation jusqu’à l’expédition.

Évidemment, nous acceptons avec plaisir.

Nous adorons ce genre de tourisme. Celui qui permet de pousser une porte, de rencontrer ceux qui produisent et de comprendre ce qui se cache derrière les produits de notre quotidien.

L’équipe de Hasnein nous emmène d’abord chez une petite productrice.

Nous quittons les installations industrielles pour retrouver la terre, les arbres et ces longues lianes vertes qui grimpent autour de leurs tuteurs.


La propriétaire nous accueille dans sa plantation tandis qu’un ingénieur agronome nous explique ce qui fait de la vanille une culture si particulière.

Et nous découvrons surtout une chose assez incroyable : ici, presque chaque gousse commence par un geste humain.
La fleur de vanillier ne reste ouverte que très peu de temps. À Madagascar, la pollinisation est donc réalisée manuellement. Fleur après fleur, les producteurs rapprochent délicatement les organes mâle et femelle de la fleur.

Un geste minuscule.

Répété des milliers de fois.

Puis il faut attendre de longs mois avant que les gousses arrivent à maturité et puissent être récoltées.


En regardant cette femme nous montrer ses lianes, la vanille commence déjà à ne plus avoir tout à fait la même valeur à nos yeux.
 


Mais ce n’est encore que le début.

Nous prenons ensuite la direction de l’usine Trimetra.

Changement d’échelle.

Ici arrivent plusieurs tonnes de vanille verte provenant des producteurs de la région. Et ce que nous connaissons sous la forme d’une gousse noire, souple et parfumée ressemble encore bien peu à celle que nous avons l’habitude d’acheter.
La première grande transformation se fait avec de l’eau chaude.

Les gousses vertes sont plongées quelques minutes dans une eau chauffée autour de 60 à 70 degrés. C’est l’échaudage. Il stoppe leur maturation et déclenche les transformations qui vont progressivement leur donner cette couleur brune presque noire que nous connaissons.

Commence alors un travail beaucoup plus long.

Les gousses sont étuvées, puis séchées progressivement, d’abord au soleil puis à l’ombre. Jour après jour, elles perdent leur eau et concentrent leurs arômes.
 
 

 
Mais elles demandent encore de l’attention.

On les manipule, on les assouplit, on les masse entre les doigts.

Puis vient le tri.

Une par une.

Longueur, souplesse, taux d’humidité, aspect…

Chaque gousse est observée et classée avant d’être regroupée en bottes et préparée pour l’exportation.
 


Entre la fleur fécondée à la main dans la plantation et la gousse noire prête à partir vers l’Europe, l’Amérique ou l’Asie, des mois se sont écoulés.

Et surtout, énormément de mains sont intervenues.

C’est probablement ce que nous retiendrons le plus de cette journée.

Nous étions venus comprendre comment on fabriquait de la vanille.

Nous sommes repartis en comprenant surtout tout ce qu’une simple gousse représente ici.

Car dans cette région de Madagascar, la vanille n’est pas seulement ce petit parfum que nous mettons dans un gâteau.

Elle fait vivre des milliers de petits producteurs et leurs familles. Autour d’eux travaillent des collecteurs, des préparateurs, des ouvriers, des techniciens, des exportateurs. Toute une économie dépend de ces petites lianes vertes que nous avions croisées quelques heures plus tôt dans la plantation d’une paysanne.

Café en Colombie.
Thé au Malawi.
Vanille à Madagascar.

À chaque fois, la même leçon.

Derrière les choses les plus ordinaires de nos placards se cachent parfois des mois de travail et des milliers de vies.

Nous ne regarderons plus jamais une gousse de vanille de la même manière.
 

Les Boudubouts

Lien :https://didier-cujives.smartrezo.com/journal.html

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